02 juin 2009
Quand le travail est un plaisir (3)
Trois ans se sont passés depuis mes incartades anglo-saxonnes. Trois ans sans que mes relations avec des clientes n'aillent plus loin qu'un regard légèrement séducteur. Et puis...
Et puis, il y a eu Charline, mon aînée d'une paire d'années, les courbes jolies, le visage doux. Il émanait d'elle une sensualité débordante et troublante quoi qu'elle fasse, quel que soit le moment de la journée.
Pourtant, j'avais tout fait pour ne pas accompagner ce groupe de collégiens bruxellois : l'année précédente, je m'étais déjà coltiné leurs camarades qui étaient aussi détestablement hautains que bêtement pré-adolescents. Un vrai calvaire rendu encore plus pénible par les deux accompagnatrices, vieilles filles acariâtres à cheval sur le moindre détail.
Charline, elle, s'était proposée pour encadrer le groupe et se changer les idées au cours de ce voyage. Elle avait reçu pour cela tout le soutient de belle-maman, membre influent du conseil de cet établissement privé.
Les collégiens étaient pareils à eux-mêmes, chahuteurs, intéressés par rien. Pour les encadrants, en plus de la troublante Charline, il y avait une des deux vieilles biques et un homme très sympa qui avait pourtant l'art de tenir tout son petit monde à la baguette.
Le premier soir, Charline et moi nous sommes retrouvés à discuter longuement au bar de l'hôtel. Elle avait vraiment besoin de parler, parler de l'ennui de sa vie déjà bien rangée, parler de ses envies de jeune fille tuées par son mariage et la carrière de la famille. Et moi, je l'ai écouté, ne sachant que dire, si ce n'est que, si j'avais une aussi jolie femme, je ferais tout pour qu'elle soit heureuse. Nous nous sommes séparés, troublés, et à peine seul dans ma chambre, je me suis masturbé violemment en pensant à elle.
Le lendemain, j'ai tout fait pour lui plaire, discrètement. Et le soir, nous avons rediscuté longuement au bar avant de nous séparer. Je venais de me mettre au lit quand j'ai entendu toquer à ma porte. "Je vais te paraître folle mais je n'ai pas envie de dormir seule... tu veux bien que je passe la nuit ici ?"
J'ai accepté. Elle a retiré sa robe de chambre, dévoilant une longue chemise de nuit, puis elle a pris place dans le lit. C'était étrange et ambigu. Presque irréel. Je me suis allongé à côté d'elle en caleçon, elle a éteint la lumière et m'a souhaité bonne nuit.
Son parfum et sa chaleur m'ont envahi. Je ne savais vraiment pas quoi penser. Son comportement est-il vraiment innocent ? Attendait-elle que je fasse le premier geste ? Je l'écoutais respirer, essayant de deviner si elle s'endormait ou pas. Je n'arrivais pas à me convaincre qu'une jeune femme mariée puisse venir dans le lit d'un homme sans vouloir autre chose que de l'amour. Nous sommes restés dans cet entre-deux pendant... pendant... un temps fou.
Et puis, d'une voix étrangement calme, elle m'a dit : "Tu sais, c'est la première fois que je trompe mon mari."
Et puis, elle s'est redressée pour faire passer sa chemise de nuit par dessus tête.
Et puis, elle a collé son corps nu contre moi.
Quatre soirs de suite, nous avons fait l'amour. C'était tendre et passionné. Elle me laissait l'admirer. Je la laissais me demander, me commander. Elle avait une façon de me chuchoter ce dont elle avait envie qui faisait que je ne pouvais rien lui refuser. Elle était avide de caresses sur ses seins et son sexe. Elle voulait chaque fois que je glisse ma langue dans sa fente, délicatesse qu'elle dégustait silencieusement en se mordant le lèvre inférieure. Elle se concentrait sur son seul plaisir. Et même quand elle s'agenouillait devant mon membre pour le prendre en bouche, j'avais l'impression qu'elle le faisait plus pour elle que pour moi. Pourquoi pas, après tout : c'était son adultère, pas le mien. C'était un vrai bonheur que de profiter de son joli corps et d'assister à la montée de son plaisir. Un plaisir silencieux exprimé par son souffle et les rictus de son visage.
Ce n'est que pendant la pénétration qu'elle me laissait reprendre le contrôle. Mais je n'en abusais pas car elle semblait trouver fou de faire toutes ces choses qui, moi, me paraissaient plutôt sages. Il n'y a que la dernière nuit où je me suis totalement laissé aller en la prenant très fort à quatre pattes. Là, je la baisais. Ce n'était plus faire l'amour.
Charline passait les nuits avec moi et, au petit matin, elle remettait sa chemise de nuit et regagnait sa chambre pour dormir une paire d'heures. Quant à la journée, nous faisions tout pour rester éloignés l'un de l'autre.
Peu après la fin du voyage, elle m'a envoyé une lettre où elle me disait que, malgré les bons moments passés, je ne devais surtout pas chercher à la revoir, que notre histoire était sans issue, qu'elle resterait avec son mari quoi qu'il advienne. Pour moi, c'était incompréhensible : à aucun moment, je ne lui avais fait espérer autre chose que de tendres moments à deux. Je ne voyais pas ce que j'avais pu dire ou faire qui lui ait suggéré cela. Je me suis même un peu inquiété, me disant que la sensuelle Charline était un peu dérangé. Et puis ça s'est tassé, le temps est passé...
Depuis, plus aucune cliente n'a succombé à mon charme. Ni aucun client d'ailleurs.
Je ne sais pas si je le regrette.
